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Mon travail parle de l'errance des peuples, de notre errance... de mon errance.
Mes personnages sont en perpétuels déplacements, sont-ils en fuite ou bien en quête ? La question est posée... La réponse est peut-être au bout, tout au bout du chemin...

L'errance est au centre de mes obsessions d'artiste, elle en est étrangement le fil, elle me fait me perdre et me retrouver sans cesse.

En effet, le chemin fut long et sinueux... Après des études artistiques très orientées vers "l'Art Officiel" des années 80, il m'a fallu du temps pour trouver le chemin qui était le mien. L'Art Singulier s'est imposé à moi comme une évidence à mon retour d'un grand voyage au bout du monde, là où j'ai enfin rencontré ma fille... La Psychanalyse était entre-temps passée par là. "Au bout des Mondes" a d'ailleurs été le nom que j'ai donné à une séries de sculptures exposées en 2016.

Etrangement, sur le chemin de ma création, j'ai eu très tôt l'envie irrépressible d'aller à la rencontre de l'art en milieu de soin psychiatrique. Tout au long de ma vie, la question de la maladie mentale et des souffrances psychiques s'est posée à moi. Au sortir de l'enfance, j'ai cru partir vers ce que l'on nommait la folie. Intuitivement, je me suis enfermée dans la création, je ne savais pas que cela me sauverait. J'ai voulu par la suite faire éprouver ce que j'avais moi-même ressenti. Je suis donc devenue art thérapeute et cela fait plus de trente cinq ans que j'interviens deux jours par semaine auprès d'enfants et d'adolescents qui ont des troubles psychiques au sein d'une équipe thérapeutique.
Cette proximité avec des personnes souffrant de maladie mentale face à leur créativité a été déterminante dans le choix de m'inscrire dans l'Art Singulier.

Trop longtemps, j'ai cherché l'oeuvre unique, trop unique ! J'ai choisi de m'exprimer autrement, comme les gens que j'accompagnais dans mes ateliers d'art thérapie, en laissant des mains à l'ouvrage, inspirées par les matières et animées par une forte nécessité intérieure : opposition d'une sensation des choses contre leur essence, interversion de l'idée vers la mise en forme pour aller de la mise en forme vers l'idée... La Gelstatung sans doute, celle énoncée par Hans Prinzhorn !

Depuis des années, je poursuis mon travail au fil de mes émotions sensibles, dans la solitude et l'isolement, en huis clos de l'atelier.
Ce n'est que depuis 2008 que j'accepte de montrer mon art plutôt singulier.

Catherine Legrand

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